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| L'histoire du Papier d'Arménie |
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L'histoire du Papier d'Arménie débute à la fin du XIXe siècle. Auguste Ponsot, en voyage dans l'Empire Ottoman, se rend en Arménie, appartenant alors au gigantesque empire. Il découvre que les habitants parfument et désinfectent leurs maisons, en faisant brûler du Benjoin, résine d'un arbre (styrax) connu aujourd'hui des parfumeurs pour son odeur puissante, originale et proche de la vanille. Après de nombreuses tentatives, le produit recherché est enfin au point. Le Papier d'Arménie est couronné de succès, notamment à l'Exposition d'Hygiène (1888), ainsi qu'à l'Exposition Universelle (1889). Au cours de celle-ci, persuadés de l'efficacité et du caractère antiseptique du papier, les deux inventeurs placèrent deux morceaux de viandes sous deux cloches, faisant brûler dans l'une du Papier d'Arménie. Au bout d'une semaine, la viande ayant "respiré" les effluves du papier étant encore consommables, alors que l'autre était faisandée. Une expérience qui a marqué les esprits.
Le Papier d'Arménie apparaît comme une solution beaucoup plus écologique et économique que les aérosols classiques, outre ses qualités hygiéniques et antiseptiques. D'usage très facile et fabriqué exclusivement à partir de produits naturels, il existe aujourd'hui encore sous la même présentation qu'à la fin du XIXe siècle : un petit carnet à la couverture de couleur jaune et vert, contenant les petites feuilles de papier détachables de couleur brune. Le Papier d'Arménie ne serait pas devenu ce qu'il est sans son principal composant : la résine de styrax. Cet arbre, peu connu du grand public, pousse dans les forêts de l'Extrême-Orient, notamment dans l'ancien Laos où il est encore largement cultivé aujourd'hui. Le styrax peut atteindre 20 mètres de hauteur, son feuillage est clairsemé et ses feuilles lisses dessus et velues dessous. Lorsque le styrax atteint un diamètre d'environ 15 cm, on l'entaille au coupe-coupe afin de récolter sa résine, ce suc qui s'écoule par les entailles ainsi faites dans son écorce. La résine, d'un blanc légèrement jaune, est recueillie dans une parcelle rectangulaire de l'écorce faite lors de l'entaille. Ces étapes se déroulent entre le mois de juillet et le mois de janvier de l'année suivante. Ainsi, après plus de 6 mois, la résine peut être récoltée, sous la forme de "larmes". C'est le benjoin brut. 1 à 3 kilos de benjoin sont extraits par arbre et par an. Il contient environ 25% d'acide benzoïque, responsable de ses propriétés antiseptiques.
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